27% des salariés du public, et 52% des salariés du secteur privé travaillent ce lundi de Pentecôte. Soit une moyenne de 41% de salariés seulement pour qui cette journée n'est pas chômée.

Bizarre cette énorme différence entre secteur public et privé. Pour la SNCF, la Poste, et l'éducation nationale, ma mairie et ma préfecture, l'ANPE, etc. c'est un jour chômé. Par contre les agents de la RATP travaillent. Mais le service des métro, RER et bus est allégé, faut pas pousser les agents de la RAPT au travail mémé dans les orties... Je sais, je sais, c'est pas bien de dire que les fonctionnaires sont des fénéants, et puis ce n'est pas scientifiquement prouvé. Mais ceux qui vont au travail en train ce lundi seront content de savoir que ceux qui les transportent sont payés comme s'ils travaillaient un dimanche. Et les parents qui travaillent se demandent bien comment faire avec leurs têtes blondes qui ne sont accueillis ni à l'école ni en crèche. Ben oui, c'est férié.

Bizarre aussi ce chiffre faible de 41% de salariés qui bossent pour les vieux travaillent sans rémunération pour dégager 2,156 milliards d'euros cette année pour aider au financement de mesures en faveur des personnes dépendantes, âgées ou handicapées. En contrepartie de ce travail gratuit (enfin sauf pour ceux qui ont des primes parce qu'ils travaillent un jour chômé dans leur service public), les employeurs versent 0,3% de leur masse salariale à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

Ca serait quand même normal que tout le monde travaille ce lundi, plutôt que d'avoir une demi France "solidaire" ? Evidemment, il faut que les syndicats acceptent, et fassent accepter par ceux qui votent pour eux (les salariés) que c'est bien de "travailler pour la solidarité avec les personnes âgées et handicapées". La tâche est rude. Ils sont pas fous les syndicats. Ils ne veulent pas faire passer une mesure qui leur ferait perdre des voix aux prochaines élections. Même si la mesure est juste.

Nicolas Sarkozy reçoit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, pour discuter des modalités de mise en place du service minimumA propos de syndicat et de service minimum, j'ai été stupéfait par Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière, il y a quelques jours. Sur le perron de l'Elysée, après avoir été reçu par Nicolas Sarkozy, il a déclaré être très satisfait de son entretien, et notamment rassuré que le droit de grève ne soit pas supprimé ! Je peux aussi lui annoncer d'autres bonnes nouvelles : les syndicats ne seront pas supprimés, l'esclavage et le droit de cuissage ne seront pas rétablis, et les salariés ne seront pas transformés en serf aux ordres d'un seigneur.

En fait, il est malin Nicolas Sarkozy dans sa manière de traiter le service minimum. Il a responsabilisé et donné le pouvoir aux syndicats pendant trois mois sur ce dossier. S'il n'y a pas d'accord après ce délai, il sera publiquement constaté qu'ils sont irresponsable, qu'il ne savent pas utiliser le pouvoir qu'ils ont reçu, et qu'ils ne servent pas à grand-chose d'autre qu'à déclencher des grèves souvent injustifiées (petite dédicace aux 30 gugusses qui attendent la retraite syndicalistes CGT du dépôt SNCF de Persan, Val d'Oise, qui arrivent à paralyser tout le trafic régional de la Gare du Nord une ou deux fois par mois).

Les syndicats ont intérêt à se bouger sur le dossier du service minimum. Ils jouent leur crédibilité et le rôle qu'ils occupent dans notre société. Des fois je me demande s'ils sont encore adaptés au monde d'aujourd'hui. Occasion leur est donnée de faire leurs preuves. C'est sans doute pour cela que Jean-Claude Mailly était satisfait, même si sa déclaration était stupide surprenante. Oui, il est vraiment malin Sarkozy !

Allez, courage aux travailleurs du lundi 28 mai 2007 !