Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré
mon petit papa aimé
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Guy
Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !
La lettre d'adieu de Guy Môquet sera lue dans les lycées à la rentrée prochaine, selon le souhait de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui, lors de son hommage aux résistants de la dernière guerre. Le jeune homme est fusillé le 22 octobre 1941, avec 26 autres prisonniers du camp, en représailles au meurtre d'un officier allemand. Avant de mourir, il écrit une lettre à ses parents dans laquelle il espère que sa "mort serve à quelque chose".
Le 14 janvier 2007 au congrès d'investiture à la candidature à l'élection présidentielle, et dans d'autres discours, Nicolas Sarkozy avait déjà cité des extraits de cette lettre. Elle a sans doute vraiment bouleversé notre président : elle est bouleversante. Mais il y marque autant d'importance pour (re)donner des valeurs aux (jeunes) français ? Par naïveté ? Pour faire un coup politique ? Pour donner un rendez-vous codé à une personne secrète à la station de métro du même nom ? Peut-être tout cela...